Posts from the “Les interviews subjectives” Category

Tristesse Contemporaine, les ravages glacés du spleen…

Posted on avril 20th, 2012

« L’humanité est devenue assez étrangère à elle-même pour réussir à vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de premier ordre. » Walter Benjamin.   On rend une bonne partie du XIXème siècle responsable de l’horreur du début du XXème. En tout cas c’est le principe du livre « Dans le château de Barbe Bleue » de Georges Steiner : « C’est dans les années qui succédèrent à Waterloo qu’il faut chercher les racines du grand ennui que, dès 1819 Schopenhauer définissait comme le mal qui rongeait l’âge nouveau. » Même cause, mêmes effets ? En sommes-nous là ? Un siècle quasiment après la grande boucherie ? Prenons garde de ce cynisme rampant, cet espoir agonisant. L’on sait où cela conduit.    

David Bartholomé, un petit prince de notre époque (« Cosmic Woo Woo »)

Posted on avril 3rd, 2012

  « Il me fallut longtemps pour comprendre d’où il venait. » (Chapitre 3 « Le petit Prince » St Exupéry)   Je ne cours pas mais presque – une erreur de bar – et je déteste être en retard et il est nul ce café, il est bruyant et crade, et je déteste ce changement soudain, ça me perturbe, je m’étais déjà projetée. Je ne cours pas mais presque et il est là sur ce trottoir, il se tourne vers moi sans me voir. Il a l’air un peu perdu mais je me dis instantanément qu’il doit toujours avoir l’air un peu perdu.   « David ? »   Il me regarde, c’est bien lui. Il me dit qu’il a faim, qu’il cherche…

La grande Sophie, « la place du fantôme » (Sophie qu’elle soit grande ou seule)

Posted on mars 26th, 2012

« Tout ce qu’il nous reste désormais, Chansons et mouchoirs en papier Le sort, Le destin ou la fatalité ; Que reste-t-il à déguster d’un corps Qui apprendra à se relever Quand la joie sera le collier de sa guitare » (« Peut-être jamais »)   Si le mot « pudeur » n’avait pas existé, il aurait fallu l’inventer pour la grande Sophie. L’histoire de son nouvel album, « La place du fantôme », est là, toute nichée dans ces quelques paroles. S’emparer de sa guitare pour mettre en chansons une période de sa vie dont on ne saura rien.   Elle ne lâchera rien.   Elle se lève, silhouette gracile de jeune fille, pas si démesurément grande, élancée, et plante ses grands yeux…