Posts from the “La foule” Category

Les chiens perdus

Posted on mai 5th, 2012

    « Bonjour Audrey, installez-vous face caméra »   « Comme ça ? »   « Oui. Parfait. Regardez-bien la caméra. Voilà. Présentez-vous s’il vous plaît. »   Audrey regarde la caméra, désemparée. Ca devrait pourtant être simple de se présenter.   « Je m’appelle Audrey, j’ai trente-quatre ans, je suis employée dans une entreprise, oh rien de folichon, je peux pas dire que j’ai une vie passionnante. … Je sais pas quoi dire de plus, qu’est-ce qui pourrait être important pour les gens… J’habite dans une grande ville, les ptites villes j’ai jamais pu. Je veux dire, je veux bien avoir une vie banale mais j’ai besoin de monde autour de moi. Enfin… des gens nouveaux, faut que ça déménage dans l’immeuble.…

On reste toujours l’enfant de quelqu’un

Posted on mars 22nd, 2012

Ca a commencé, il y a quelques semaines. Celui dont j’entends encore le rire, le rire qui fracassait tout sur son passage, celui que je ne connaissais pas si bien que ça, celui qui croyait peut-être que la vie n’était qu’une gigantesque plaisanterie. Celui-là giserait au fond d’une chambre de bonne, le cœur arrêté par les excès ou par on ne sait quoi. Il est mort seul, ses parents 6 étages en dessous.   Je pense à la terreur de mon fils la nuit dernière. Celle qui l’a réveillé et l’a poussé à se réfugier dans mes bras. Ce cauchemar où quelqu’un avait une arme et se mettait à tirer. Trouver les mots pour l’apaiser. Nous rendormir collés l’un contre l’autre, mon bras autour…

Les mains

Posted on février 18th, 2012

  Et il y eut les mains. Les mains se sont abattues sur le corps à terre ; elles ont attrapé la tête avec rage et ont tenté de la fracasser sauvagement contre le carrelage froid.   Une fois.   Deux fois.   Trois fois.   L’éternité surgissait au détour de ce va et vient d’une brutalité sans nom sous les yeux d’un corps enfantin pris en étau ; coincé entre le dégoût et la sidération. L’impossibilité de cesser de regarder et la peur qui dégoulinait le long de son visage. Une scène muette d’un film que l’on croyait d’un autre âge.   Il ne resterait rien des cris, des hurlements. Il ne resterait que les gestes, les mêmes gestes en boucle, au ralenti.…